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Projet ECOS-Nord


http://www.csprp.univ-paris-diderot.fr/Projet-ECOS-Colombie-France-2013

Le projet ECOS est un programme d’échange monté en partenariat entre l’université Los Andes de Bogota (Colombie) et l’université Paris Diderot (France), porté à Los Andes par la Vicedecanatura de investigaciones de la Facultad de ciencias sociales et à Paris Diderot par le CSPRP (Centre de sociologie des pratiques et des représentations politiques). Il est co-dirigé à Bogota par la professeure Laura Quintana (département de philosophie) et à Paris par le professeur Etienne Tassin (UFR de sciences sociales), et réunit une douzaine de chercheurs, doctorants et étudiants en philosophie et en sociologie des deux universités autour d’une enquête portant sur les formes de subjectivations sociale et politique, telles qu’on peut les observer dans des luttes politiques particulières, celles des communautés autochtones ou des mouvements comme la Marcha patriotica ou le Congrès du peuple, ou encore les communautés de paix, en Colombie ; celles des luttes des collectifs de sans-papiers ou d’expériences sociales dites de déshérence (les sans-abri) en France.

Ce projet de recherche part des questions suivantes : quelles sont, et comment les interpréter, les différentes possibilités de « subjectivation » esthétique, éthique et politique à l’œuvre dans les circonstances historiques et sociales actuelles de Colombie et de France ? De quelle manière, la confrontation de ces deux contextes si différents — mais traversés aujourd’hui par les mêmes formes de gestion sociale — permet-elle de complexifier la réflexion sur les diverses formes de subjectivation et leur potentiel d’émancipation ? Nous abordons et délimitons ces questions en croisant leur dimension théorique et le contexte historico-politique, au travers d’une philosophie politique critique qui se nourrit d’un travail interdisciplinaire qui, de fait, met en question les frontières rigides entre les différentes disciplines.

D’un point de vue théorique, nous choisissons de partir de l’ambivalence du procès de subjectivation, décrit par Foucault comme étant à la fois processus de sujétion et d’émancipation au regard des pouvoirs. Il s’agit donc de reconstituer la généalogie conceptuelle de cette notion de subjectivation en travaillant les alternatives dans lesquelles elle se trouve prise : ou bien selon une éthique du sujet repérable dans le dernier Foucault ou bien selon une politique de la subjectivation dont Rancière a jeté les bases conceptuelles ; ou bien il s’agit de la manifestation de spécificités culturelles identitaires ou bien de l’exposition de l’acteur politique se révélant dans l’agir avec les autres (Arendt) ; ou bien il est question d’une subjectivation collective ou bien d’une distinction singulière ; ou bien d’une subjectivation forgée dans la résistance aux pouvoirs ou au contraire dans des actions libres ; ou bien d’une subjectivation construite dans le rapport singulier au corps ou bien dans l’expérience collective d’une communauté d’acteurs, etc. Mais surtout, il s’agit de montrer que ces alternatives ne sont pas exclusives. Car une pensée critique de la subjectivation et de ses dimensions éthique, esthétique et politique s’efforce de repérer les tensions, les contradictions, les apories qui sont en jeu quand il s’agit de réfléchir aux modes, toujours dynamiques et imprévisibles, par lesquels les sujets transforment leur relation à soi et aux autres par un jeu de déplacement ou de reconfiguration de leurs identités fixées au sein des différents ordonnancements sociaux.

C’est au contact d’expériences sociales concrètes (desplazados, sans abri, migrants) que le programme entend reformuler une compréhension des processus de subjectivation à l’œuvre aujourd’hui et qui sont parfois sollicités sans véritable consistance par quelques auteurs de la philosophie contemporaine.

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