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Projet ECOS-Nord (2018-2021)


Démocratie et conflit politique : penser les nouveaux régimes d’institutionnalité dans la Colombie du post-accord

Le projet ECOS est un programme d’échange monté en partenariat entre l’université Los Andes de Bogota (Colombie) et l’université Paris Diderot (France), porté à Los Andes par la Vicedecanatura de investigaciones de la Facultad de ciencias sociales et à Paris Diderot par le LCSP (Laboratoire du Changement Social et Politique). Il est co-dirigé à Bogota par le professeur Carlos Manrique (département de philosophie) et à Paris par la professeure Marie Cuillerai (UFR de sciences sociales), et réunit une douzaine de chercheurs, doctorants et étudiants en philosophie, en sociologie et en anthropologie des deux universités.

Ce projet propose une enquête croisée (Colombie/France) sur les formes contemporaines de transformation des institutions du politique. Sa démarche associe enquêtes sociologiques sur le processus de paix en Colombie et « théorie critique française ». La pluridisciplinarité est requise par, d’une part, la transformation des paradigmes politiques et scientifiques légitimant à la fois la stabilité des institutions et leur adaptation aux pratiques des sociétés démocratiques et, d’autre part, par la modification du rapport à l’institution par les processus d’émancipation collectifs, alternatifs ou minoritaires. Prenant acte de cette évolution, la théorie critique de langue française (par delà la diversité que regroupe ce terme) a placé la logique institutionnelle –finalité régulatrice aussi bien que pratique des institutions – au cœur d’une redéfinition de la démocratie moderne comme inachevée, conflictuelle et plurielle. Ce faisant, elle a transformé les visées du savoir critique, non seulement comme outils de sensibilisation aux assujettissements, hégémonies, dominations, mais aussi comme vecteurs d’autres logiques institutionnelles.

Ces transformations seront analysées comme nouveaux régimes d’institutionnalité, définis à partir d’un double éclairage :

I) une analyse décentralisée des institutions du processus de paix en Colombie, les situant dans le contexte des conflits politiques, mouvements sociaux, sujets minoritaires et alternatives en construction ;

II) une mobilisation des théories critiques du pouvoir et de la culture démocratique, qui entend tester leur pertinence, mais aussi les enrichir, par cette mise en tension avec le contexte colombien.

Nous problématisons les changements sociaux et politiques occasionnés par la mise en œuvre des accords et par les exigences de démocratisation portées par la période dite « post-conflictuelle ». Trois questions vont guider nos enquêtes.

a) Quelles sont les articulations (appuis, résistances, etc.) entre les institutions de la justice transitionnelle et celles qui prévalaient durant le conflit armé (institutions juridiques, politiques, sociales) ?
b) Le processus, engagé au plan de la réforme agricole procède-t-il d’une refonte de la souveraineté et de la société civile colombiennes ?
c) Quel type de critique et de création institutionnelle découle de la logique instituante des mouvements sociaux et des plateformes de convergence (comme le Congrès du Peuple, la Marcha Patriótica et La Cumbre Agraria) ?

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