Laboratoire du Changement Social et Politique


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Marie Cuillerai

Professeur de Philosophie, CNU 17e



Elle conduit une recherche critique des théories de l’économie politique, de son histoire, et des pratiques économiques de l’émancipation. Au centre de la réflexion, l’échange dans ses dimensions philosophique, anthropologique et économique, et le rôle des institutions de régulation dans la globalisation. En dialogue avec la Théorie de la Régulation, en particulier la théorie institutionnelle de la monnaie et la Philosophie française contemporaine, elle étudie les formes de domination et de résistance de la globalisation financiarisée. (De l’Argent faisons table rase, Édition Châtelet Voltaire, 2011). Le questionnement porte sur les formes de pouvoir recouvertes par cette gouvernementalité en faisant l’hypothèse que l’exigence éthique revendiquée, quand bien même elle dissimule des rapports de force, n’offre pas des points de résistance univoques (Spéculation, éthique, confiance. Essais sur le capitalisme vertueux (Payot 2009, réed 2013). Elle fait valoir que communauté et communs offrent un contrepoint critique, immanent aux pratiques actuelles de gouvernementalité, tant du côté des subjectivations de résistance que du côté de la police des dynamiques de reproduction du capitalisme ("Politiques de la monnaie", Implications philosophiques, Dossier Deleuze, mai 2016).

DOMAINES DE RECHERCHES

Philosophie politique, épistémologie des sciences socialesRetour ligne automatique
Philosophie contemporaine, philosophie sociale Retour ligne automatique
Anthropologie politique, études post-coloniales

ORIENTATIONS DES RECHERCHES

Philosophie politique et philosophie sociale : communauté et communs

Issu de la thèse, le livre Communauté monétaire. Prolégomènes à une philosophie de l’argent (L’Harmattan, 2000, 360p.), problématise l’effet de communauté engendré par l’usage de la monnaie. À la lumière de la sociologie de G. Simmel et de l’ontologie du social soutenue par la pragmatique communicationnelle de J. Habermas, la monnaie apparaît comme un élément du lien social porteur d’une rationalité instrumentale propre au relations économiques, mais qui n’en est pas moins investi d’affects, de représentations culturelles et de fonctions de socialisations. La thèse éclaire cette part non économique de la monnaie à la lumière des théories de la régulation qui ont mis en avant la dimension politique de la monnaie et interroge la nature des communautés monétaires. La monnaie apparaît ainsi comme une réalité qui mine les conceptions substantielles et identitaires de la nation et de sa souveraineté, et qui est également rétive aux transformations attendues du patriotisme constitutionnel. Dans le retrait des particularismes attachés au communautaire, la construction institutionnelle de l’Europe a donné consistance à une communauté qui s’est pensée, à l’ombre des conflits, comme une émanation des nations et comme un cadre de soutien à leurs productions industrielles. Cette communauté y retire en elle-même ce que le communisme avait imposé sous ce terme entraînant par le fond et l’horizon d’un dépassement de lutte des classes et l’idée d’une ère post-capitaliste. Retour ligne automatique
L’analyse de ce refoulement s’est poursuivie dans mon enseignement pour dégager la figure du commun impliqué et porté par la pensée économique lorsqu’elle se dégage des modes de composition des intérêts accrédités par les néo-classiques. L’essentiel de mes cours est consacré à certains objets qui forcent une approche conceptuelle pluridisciplinaire. (De l’Argent faisons table rase, Édition Châtelet Voltaire, Cirey sur Blaise, 2011). Plus récemment, je me suis consacrée à l’étude du néolibéralisme chez M. Foucault, et aux liens entre l’économie de G. Bataille et les essais de Pierre Klossowski,Retour ligne automatique
(L’échange à la croisée de l’anthropologie et de l’économie ; Les traités politiques d’Aristote, et enseignement de Méthodologie en ateliers : L’Institution : lectures de Castoriadis, Le fétichisme, C. de Brosse, Marx, Freud ; La Nature : une invention occidentale de M. Sahlins à P. Descola ; La dette : Nietzsche et les utilitaristes).

Philosophie contemporaine, philosophie sociale : la subjectivation

Un deuxième livre, Spéculation, éthique, confiance. Essais sur le capitalisme vertueux (Payot, 2005, réd. Poche 2009, 193p.) a repris une étude entreprise au Laios (CNRS-EHESS), au titre d’un contrat post-doctoral portant sur le cas de l’ONG Oxfam, dédiée au commerce équitable. Ce point de départ s’élargit vers une problématisation de la notion de confiance à l’articulation du sociétal et de l’économie. Le capitalisme globalisé, hautement financiarisé se fait connaître en dehors du cercle de ses experts comme une institution d’appui de la démocratie, en adoptant les principes politiques de la gouvernance et de la transparence. L’essai interroge les formes de pouvoir recouvertes par ce terme en faisant l’hypothèse que l’exigence éthique, quand bien même elle dissimule des rapports de force, n’offre pas des points de résistance univoques.Retour ligne automatique
La question de la résistance prise sous la guise de l’éthique a fait l’objet de cours de master et de séminaires de recherches prenant pour objet, à plusieurs reprises, les cours au Collège de France dans lesquels M. Foucault analyse les rapports de l’économie et du politique : dans les études sur le libéralisme et le néolibéralisme, ou aussi bien les livres et cours où il soutient les conséquences politiques d’une analyse institutionnelle de la monnaie. (Le Séminaires de Master 2012-14 Philosophie et critique de la culture, Contre-conduites Foucault ; Le libéralisme de Foucault ?, etc. ). Recherches et enseignements se sont recentrés sur la formule d’une question : qui est le sujet de l’économie, proposée au titre de l’HDR. (Du sujet de l’économie, 2013). Il s’agit d’interroger les modes de subjectivations à l’œuvre dans la réalité que l’économie comme discipline tout à la fois exprime et recouvre. Présentes dans les hypothèses de la théorie de la régulation (conventions, monnaie, dette), les conditions d’une subjectivation sont confrontées à une relecture des économies du don et de la dépense, en se centrant sur le legs de Mauss qui dégage une problématique plus spécifiquement politique. Retour ligne automatique
Sur le versant de l’enseignement, cette recherche se prolonge dans des cours ouvrant à une généalogie qui ne part pas de l’économie scientifique comme Marx le fît, pour en révéler la dimension politique en tant que savoir au service d’un pouvoir bourgeois -le concept central de cette science, la valeur n’étant rien d’autre qu’un rapport social d’exploitation. Pas non plus, comme Deleuze et Guattari dans les deux volumes de Capitalisme et schizophrénie, du désir pour inventer une politique et décrire l’économie libidinale et l’économie qui la soutiennent. Mais qui retrace la critique de l’économie politique présente dans la sociologie et l’anthropologie française du XXe. (Cours, Économie et Religion I et II). Retour ligne automatique
Durkheim et Mauss ont initié des ontologies du social où ont puisé les philosophies françaises contemporaines (, G. Bataille, G. Deleuze, J. Baudrillard, G Debord, J.-F Lyotard etc.,), dans leur distance d’avec l’héritage hégélien, d’avec la perspective critique de l’École de Francfort et dans les querelles autour du structuralisme, puis le post-structuralisme. Un contexte de critique du savoir s’y déploie qui est mobilisable au titre de l’analyse des transformations actuelles du social, mais qui doit aussi reconsidérer l’échec politique de la pensée de G. Bataille et l’utopie critique esquissée par P. Klossowski (Volume 2 de l’HDR, L’Arc Bataille-Klossowski).

Anthropologie politique, études post-coloniales : déglobaliser le global

Affranchie de l’optique dominante d’une pensée économique ordonnée à la production, la constellation don-dépense-simulacre exposée dans l’arc qui relie Bataille à Klossowski éclaire une voie singulière de critique des principaux concepts de la raison occidentale. En privilégiant, dans cette critique de l’universel, la considération d’une reprise théorique « ailleurs » et qui soit articulées aux « terrains », ma recherche se développe actuellement selon deux axes. Retour ligne automatique
La confrontation de la problématique de l’émancipation portée par J. Rancière, en particulier dans la conception de l’expérimentation de l’égalité des intelligences avec celle de la reconnaissance dans le contexte post-colonial (« Homi Bhabha, le « tiers-espace » une pensée de l’émancipation ? », in G. Navet et S. Villavicencio, Diversité Culturelle et figure de l’hétérogénéité, L’Harmattan, 2013). Institutionnellement, j’organise actuellement l’ouverture au CIPH du séminaire « Beyond Measure. Time-space of Capital » initié à Duke University, par les professeurs de littérature comparée, Ian Baucom, Michael Hardt et l’historien Achille Mbembe. Invitée à ce séminaire l’an dernier, je l’ ai prolongé en juin 2014 à Paris et nous continuons des recherches sur la « mondialisation mémorielle », entamées depuis 2005 dans le cadre d’un projet du GRIF dirigé par l’historienne S. Wahnich (« L’irréconcilié : l’histoire critique aux marges de l’amnistie », in S. Wahnich (dir.), Une histoire politique de l’amnistie, PUF, Paris, 2007). Ces travaux ont été nourris et prolongés au Burkina Faso, au Cameroun dans le cadre de formations aux politiques de réconciliation et se poursuivent dans des enseignements en Haïti, à l’ENS de Port au Prince. À l’occasion de la remise d’un titre de Docteur Honoris Causa de Paris8 à H. Bhabha, sur ma proposition, j’avais organisé un premier débat qui s’est prolongé en novembre 2014 par la remise, là encore sur ma proposition, d’un titre semblable à G. Spivak. Retour ligne automatique
Dans le cadre d’une participation au séminaire de LEFI (Lyon 2) « La monnaie entre unicité et pluralité » dirigé par J. Blanc et B. Théret, il s’agit dans ce second projet d’analyser des cas concrets d’alternatives communautaires d’usages économiques, occidentales et non occidentales, en rupture avec la notion de production dans son lien au capital productif, à l’appropriation et à la propriété pour en interroger les mutations et les contradictions, sous l’effet de la finance, de la diversification de la part immatérielle de la valeur, voire de sa disparition.





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